L’organisme de régulation pakistanais émet des avis à Google et Wikipédia pour « diffusion du contenu sacrilège »

L’Autorité des télécommunications du Pakistan (PTA) a publié samedi des avis à Google et à Wikipédia pour « diffusion de contenus sacrilèges » par le biais de leurs plateformes.

Selon l’autorité, ces sites web hébergent des contenus trompeurs sur l’actuel khalifa (chef spirituel) de l’Islam. Les recherches effectuées sur ces plateformes montrent que le chef actuel de la communauté Ahmadiyya est « le khalifa actuel de l’Islam ». En outre, la PTA a demandé aux plateformes de supprimer la version non authentique du Coran sur Google Play Store, publiée par la communauté Ahmadiyya.

Les Ahmadiyyas sont un groupe islamique très persécuté au Pakistan. On les appelle les non-croyants (kafirs) parce qu’ils sont persuadés que leur fondateur Mirza Ghulam Ahmad est le Messie prophétisé. Les musulmans traditionnels croient que Muhammad est le prophète « final », ce qui est en contradiction avec la croyance des Ahmadiyya. Le code pénal du Pakistan est explicitement discriminatoire contre les minorités religieuses et cible les Ahmadis en leur interdisant de se faire passer indirectement ou directement pour des musulmans, de déclarer ou de propager publiquement leur foi, de construire des mosquées ou de faire l’appel musulman à la prière.

Les gouvernements pakistanais successifs ont échoué à protéger lesdroits de l’homme et la sécurité de la communauté Ahmadiyya. Les arrestations arbitraires, les détentions et les accusations de blasphème sont monnaie courante. Les lois sur le blasphème ou le sacrilège, qui sont parmi les plus sévères au monde, jouent un rôle majeur dans ce phénomène. L’insulte au prophète Mahomet est passible de la peine de mort et d’autres infractions peuvent entraîner des peines de prison.

La PTA a informé les deux moteurs de recherche que si aucune mesure pertinente n’est prise, l’autorité devra prendre d’autres mesures dans le cadre de la Loi de 2016 sur la prévention des crimes électroniques (PECA) et des Règles de 2020.

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